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Bien que la musique de type occidental soit maintenant populaire parmi les jeunes générations, la musique traditionnelle continue à se faire entendre dans les parcs et les petites maisons de thé. Là, d’enthousiastes amateurs s’adonnent à leur passe-temps favori devant un public captivé. Le type d’opéra le plus célèbre parmi les différents styles chinois est celui qui a été développé à Pékin même, simplement connu sous le nom « d’opéra pékinois ».
L’opéra dans sa forme actuelle dérive en fait de traditions de chants et de ballades qui remonteraient à la dynastie des Song du Nord (960-1127). Mais c’est à l’Empereur Qian Long (r. 1736-1796) que la tradition attribue la naissance de l’opéra pékinois en tant que tel. Il est dit qu’il se découvrit une passion pour l’opéra lors d’un voyage dans le Sud de la Chine, et que pour célébrer son quatre-vingtième anniversaire, il invita des troupes d’opéra en provenance de toute la Chine à venir se produire à la cour impériale. Il fut si impressionné par les troupes des provinces du Anhui et du Hebei qu’il les invita à rester à Pékin, et que de leur fusion naquit l’opéra pékinois. La synthèse de ces deux styles est encore visible dans les rôles de clowns, de femmes et d’enfants chantés en dialecte pékinois par rapport aux rôles plus sérieux d’hommes adultes chantés en dialectes du Anhui et du Hebei.
L’opéra pékinois n’est pas uniquement composé de chants et de danses mais aussi d’acrobaties et d’arts martiaux. Les costumes et le maquillage en sont très élaborés. Les chants sont accompagnés par des instruments à cordes, à bois et à percussion, principalement des gongs, des tambours et des sortes de castagnettes. Le tambour principal, qui dirige le reste des musiciens, suit chaque changement d’humeur de la scène : en effet, c’est l’action de la scène qui influe la musique et non le contraire comme dans l’opéra occidental. La décoration de la scène étant minimaliste, toute l’attention des spectateurs est dirigée vers les personnages dont le moindre geste a un sens. Marcher le long d’un cercle imaginaire indique ainsi un long voyage, deux hommes qui sautent à travers un rai de lumière indiquent un voyage nocturne.
A la différence de l’opéra occidental, dans lequel les rôles sont attribués en fonction du type de voix, l’opéra pékinois attribue les rôles selon le gendre, l’âge, le statut social, le rang et le tempérament du personnage. Le maquillage très élaboré est indispensable pour différencier les personnages et leurs qualités morales supposées. Plus un maquillage est complexe et plus le personnage est méchant, le rouge symbolise la bravoure, la loyauté et la droiture, le jeune indique la brutalité et le blanc la ruse. Le clown se reconnaît par une petite tache de blanc sur ou autour du nez.
Les histoires racontées sont tirées de romans, de drames et d’épopées historiques, et sont soit de type militaire, soit de type civil. Les drames civils, dont les personnages principaux sont habituellement des femmes, parlent de thèmes sociaux comme les relations amoureuses, familiales et conjugales, tandis que les drames militaires, dont les rôles sont majoritairement masculins, décrivent les problèmes de pouvoir et de guerre. De manière générale, le public chinois n’apprécie pas les fins tristes, ce qui explique peut-être que la tragédie n’a jamais été très populaire. La comédie est toujours présente même dans les pièces les plus sérieuses, grâce à la présence d’un clown salvateur.
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