Ceramics
   
 

Celadon bowlL’histoire des céramiques chinoise commence il y a plus de huit mille ans avec la fabrication de coupes modelées à la main. Très vite, à la fin du néolithique, l’invention du tour de potier favorisa la production de coupes plus uniformes. La meilleure illustration du niveau de sophistication de des potiers chinois de ce temps est bien sûr l’Armée de Terre Cuite trouvée dans le tombeau de l’Empereur Qin (r.227-206 av.JC) près de Xi’an.

Au cours des siècles, d’innombrables nouvelles techniques et de nombreux styles furent élaborés. Une des plus célèbres est sans doute la technique des trois couleurs mise au point lors de la dynastie Tang, qui consistait en l’application de vernis jaune vif, vert ou blanc à une forme en céramique. Les objets fabriqués ainsi n’étaient pas seulement traditionnels comme des bols et des vases : des chameaux et des voyageurs du Centre de l’Asie étaient aussi représentés de manière exotique, attestant de l’influence culturelle de la Route de la Soie. Un autre type de céramiques très apprécié à la cour des Tang était le qingci, que nous connaissons sous le nom de céladon. De couleur bleu-vert et de forme simple et élégante, il n’est pas étonnant que leur production continua bien après la dynastie Tang dans toute la Chine et qu’on les exporta vers la Corée, le Japon et toute l’Asie du Sud-Est ainsi que vers des destinations aussi lointaines que l’Egypte.

Celadon (Ru Ware)La porcelaine bleue et blanche fut d’abord produite pour la première fois sous la dynastie Yuan (1279-1368). Cuite à des températures très hautes, cette porcelaine se caractérise par la pureté de l’argile blanche ou kaolin qui la compose. Les potiers de la dynastie Ming (1368-1644) qui suivit cette invention en perfectionnèrent la technique et c’est ainsi que la porcelaine bleue et blanche en vint à symboliser le talent du potier chinois. Jingedezhen, dans la province du Jiangxi, devint le centre de la production nationale de porcelaine et produisit de vastes quantités de porcelaines impériales ainsi que des produits destinés à l’exportation qui allèrent jusqu’en Turquie. Même si les motifs décoratifs et les formes se modifièrent avec chaque empereur qui se succédait au trône de la dynastie Ming, la qualité des porcelaines bleues et blanches de cette époque est indéniablement supérieure à toute autre.

Pendant la dynastie Qing (1644-1911), la technique de la porcelaine s’enrichit encore avec l’innovation des cinq couleurs dans laquelle les pigments étaient appliqués avant le vernissage sur des motifs de fleurs, de paysages et de scènes de vie. Ces porcelaines colorées étaient les plus appréciées en Occident, et encore aujourd’hui, dans la plupart des grands musées européens, on peut trouver au moins une porcelaine à cinq couleurs ou monochromatique (bleu, rouge, jaune ou rose) de cette époque.

La qualité de la porcelaine chinoise commença à décliner à la fin de la dynastie Qing, prouvant encore une fois le rôle néfaste de l’instabilité politique sur les arts. A l’heure actuelle cependant, la production nationale de porcelaine connaît une renaissance comme partie intégrante de la culture chinoise, de plus en plus reconnue en Chine comme à l’étranger. Les nouvelles porcelaines sont quelque fois interprétées de manière moderne, mais il faut aussi noter la réouverture de nombreux fours artisanaux qui reproduisent un style plus traditionnel.

 


 

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